JAPET : ATLAS ET LES PLÉIADES

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Les enfants du Titan Japet comprennent Atlas qui est le père des Pléiades et symbolise la nécessaire ascension des plans de conscience, ainsi que la descendance de Prométhée qui illustre les expériences et réalisations correspondantes.

Voir Arbre généalogique 7 et Arbre généalogique 8

Atlas portant le ciel en présence de Prométhée - Vatican Museums

Atlas portant le ciel sur ses épaules en présence de Prométhée – Vatican Museums

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En effet, presque toutes les aventures des héros ainsi que les grandes épopées de la mythologie grecque sont organisées dans la descendance de deux couples de Titans seulement, ceux de Japet-Clymène et d’Océanos-Téthys. Font exception les rois d’Athènes, la lignée de Tantale et la lignée royale d’Arcadie. Il est donc d’une importance majeure de bien comprendre comment ces deux couples se situent l’un par rapport à l’autre.

Pour suivre l’évolution vers une « Vie Divine » sur terre, et non en quelque lointain paradis, l’homme doit s’engager dans deux processus distincts.
une « ascension des plans de conscience » jusqu’à la réalisation de l’Unité avec le Divin. Après la phase de croissance vitale, depuis longtemps terminée, l’humanité doit parcourir les plans du mental pour émerger dans la conscience de Vérité, le Supramental. C’est ce qui est développé dans la descendance de Japet.
une « intégration », qui consiste, lorsqu’un nouveau palier de conscience est atteint dans la démarche d’ascension, à hisser l’ensemble de l’être à cet autre niveau par une purification et une libération progressives. C’est ce qui est développé dans la descendance d’Océanos.

Notons cependant qu’il est possible, sans avoir parcouru tous les échelons de la conscience, de se fondre dans le Suprême par annihilation, processus qui ne requiert pas que l’être intérieur soit individualisé ni que la purification et la libération des plans inférieurs soit effective. Ce sont des accès à des « Nirvana » qui peuvent être atteints sur différents plans, ouvrant à différents types de « néants ». C’était considéré autrefois dans bien des voies, et particulièrement dans le Bouddhisme, comme la seule possibilité d’échapper à la souffrance. Mais c’était nier du même coup la création.
La voie de l’ascension-intégration, n’excluant ni ne requérant de telles expériences, exige d’exprimer le Suprême en un être rendu parfait sur tous les plans et dans la totalité de ses capacités, sans faire d’impasse, et en procédant par étapes.

D’autre part, si tous les chemins qui mènent vers le haut sont ouverts depuis longtemps, ceux de la descente (dans le processus de purification et libération) sont restés fermés jusqu’à nos jours au niveau du mental physique et des plans du vital inférieur, jusqu’au mental matériel. Certaines transformations semblaient en effet impossibles aux anciens initiés. (Rappelons qu’il ne faut pas confondre le mental physique, première couche du mental humain, avec le mental corporel qui se situe au niveau animal, ni encore en dessous avec le mental cellulaire qui se situe à la naissance de la vie dans la matière.)

Bien évidemment, le processus ne se produit pas en une seule fois, mais en d’innombrables mouvements d’ascension-intégration, plus ou moins longs et plus ou moins importants, aux modalités extrêmement variables. Certains peuvent prendre une vie entière, d’autres quelques secondes. Certains passent inaperçus, d’autres réorientent totalement une vie, sans pour autant porter plus de fruits que les premiers. Toute extension ou assouplissement de la conscience, toute purification, toute libération d’un attachement, en constituent les innombrables degrés.

Bien des obscurités et déformations dans le vital et à fortiori dans le corps, ne peuvent être abordées sans que des forces suffisantes, dans les plans supérieurs, ne soient accumulées. Plus l’être est avancé et plus il est armé pour s’engager dans les profondeurs vers les origines de l’évolution.

Nombre de spiritualités anciennes se heurtant à des obstacles en ces temps-là insurmontables, délaissèrent cette voie d’ascension-intégration. Elles privilégièrent les accès directs aux vastes mondes silencieux et vides, ou bien s’orientèrent vers les chemins bien défrichés des pouvoirs de la nature, prônèrent la fuite loin des contingences de ce monde afin de gagner des « paradis » futurs, ou encore cherchèrent à libérer l’énergie « lovée » à la racine de la colonne vertébrale, appelée « kundalini », pour faciliter l’accès vers le Soi, le Divin impersonnel. Hormis quelques allusions, ces autres voies ne semblent pas être développées dans la mythologie grecque qui considère l’homme d’abord comme un être mental et choisit de privilégier ce plan comme outil de travail sur la voie de la réalisation.

Il y a bien sûr une corrélation entre le niveau atteint dans l’ascension et les possibilités de purification de la nature inférieure. C’est la raison d’être des unions ou échanges divers entre les héros de l’une et l’autre branche.
Toutefois, il faudra veiller à ne pas utiliser la classification des plans de conscience et des expériences pour juger ou positionner qui que ce soit, puisqu’il n’y a en fait qu’un seul continuum de conscience, que les expériences sont particulières à chacun et vécues dans des ordres ou à des degrés d’intensité différents. On évitera ainsi de tomber dans le travers des « grades », erreur commune à nombre de mouvements ésotériques ou spirituels.

Dans chacune des deux branches principales, les mythes sont répartis en différentes sous-branches selon qu’ils concernent les enseignements ou les récits d’expériences, ou qu’ils sont destinés aux chercheurs ordinaires ou aux aventuriers de la conscience.
Des données historiques (hormis, bien sûr, les éléments de la vie courante, les mœurs et les coutumes des civilisations où se déroulent les histoires) y sont parfois intégrées, mais leur objet se limite à la transmission de la spiritualité au travers des civilisations dominantes. Aucun élément ne vient confirmer par exemple, l’hypothèse d’une existence autre que symbolique de la ville de Troie, ou encore la réalité de l’invasion dorienne qui, dans le cadre de cette étude, décrit simplement une soudaine irruption de « dons » (δωρα) ou « capacités nouvelles » chez le chercheur qui s’installe dans le plan du mental supérieur.

Le mot Japet est construit autour des lettres Ι+Π+Τ : l’aspiration (Τ) à établir le lien (Π) dans la conscience (Ι).
Le plan initié par ce Titan fait le lien entre tous les autres. Dans la manifestation actuelle, il reste incomplet, car c’est celui de l’Homme futur. Non pas l’homme actuel centré sur sa personnalité extérieure déformée par l’ego, l’homme qui se croit et se vit « séparé », mais l’Homme installé sur le plan du surmental, en chemin vers le supramental, qui aura mis son être extérieur au diapason et au service de son être psychique.
Du fait de cette incomplétude, Japet est uni à une Océanide et non à une Titanide. Elle se nomme Clymène, nom qui signifie « ce qui est acquis par l’entendement, ce qui est intégré » et aussi « célèbre, renommé ». Leur descendance inclut tous les héros et héroïnes qui ont gravi ou graviront les degrés de la réalisation.
Lorsque la quête sera terminée, Japet devrait selon toute logique s’unir à la Titanide Mnémosyne car l’Homme aura retrouvé « la mémoire » de ses origines. En attendant et pendant l’interrègne du mental, Mnémosyne est liée à Zeus.

Rappelons brièvement l’histoire de Japet et de ses enfants traitée au chapitre précédent. Lors de la victoire des dieux sur les Titans, les forces de vie qui dominaient dans l’évolution humaine cédèrent la place aux puissances de la conscience mentale. Les Titans cessèrent alors de s’exprimer librement en l’homme. Sur l’ordre de Zeus, Japet fut relégué avec ses frères dans le Tartare et l’on n’entendra plus parler de lui dans les mythes.
Avant l’exil, sa femme lui avait donné quatre enfants : Atlas, Ménoitios, Prométhée et Épiméthée, eux-mêmes à l’origine de deux grandes lignées :
Les enfants d’Atlas dressent un inventaire des plans de conscience.
La descendance de Prométhée et d’Épiméthée, par les branches d’Hellen et de Protogénie, décrivent les expériences et dangers rencontrés lors de l’ascension de ces plans, respectivement à l’intention des chercheurs ordinaires et à celle de ceux « qui marchent en avant », les « aventuriers de la conscience ».
La branche d’Hellen (celle qui conduit vers « l’éveil » selon le nom de sa femme Orséis) et de son fils Éole (« celui qui est toujours en mouvement » uni à Enarété « ce par quoi on excelle »), comprend les grands héros qui jalonnent de leurs aventures le chemin de la quête de Vérité, tels Phrixos, Bellérophon, Jason et Ulysse. Japet est le mouvement pour faire le pont jusqu’au plus haut de la conscience.

Celle de Protogénie décrit « ce qui naît en avant ». Elle expose la nature des toutes dernières conquêtes spirituelles des « aventuriers » de la Grèce antique qui seront abordées en fin d’ouvrage avec l’Iliade et l’Odyssée.

ATLAS

Atlas, rappelons-le, symbolise le lien entre l’Esprit et la Matière car, les pieds sur la terre, il « soutient le vaste ciel de sa tête et ses bras infatigables ».
Dans la version d’Homère, ce