APOLLON – INTERPRÉTATION

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Apollon, fils de Zeus et Léto, est le dieu de la lumière intérieure psychique.

Apollon et Héraclès luttant pour le tripode de Delphes - Musée du Louvre

Apollon et Héraclès luttant pour le tripode de Delphes – Musée du Louvre

Poséidon clôt la liste des sept dieux issus de Cronos. Les cinq autres dieux de l’Olympe, dont Apollon et sa sœur Artémis, sont issus d’unions de Zeus avec des déesses appartenant à la descendance d’autres couples de Titans. Ils incarnent donc l’interaction du plus haut plan de la conscience mentale (en tant qu’enfants de Zeus), en vue d’un développement d’autres modalités de la Conscience divine. Ils correspondent à des « éveils » qui supposent déjà une certaine maturation de la conscience.

Voir la Planche Généalogique 17

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Dans la branche du Titan Océanos, lorsque la conscience mentale la plus haute (Zeus) « féconde » le courant de l’intelligence cosmique ou suprême sagesse (Métis) dans l’être, l’homme s’éveille à la nécessité de la quête intérieure (Athéna).

Lorsqu’il commence à rechercher consciemment l’Union (lorsque Zeus s’unit à Dioné)*, le chercheur s’éveille à l’Amour (Aphrodite).
*(Nous considérons seulement ici la version d’Homère dans laquelle Aphrodite est fille de Zeus et Dioné, c’est-à-dire le concept de l’amour évolutif avec participation de la conscience mentale, et non celle d’Hésiode qui fait apparaître l’Amour avec la vie, au tout début de la création.)
Dans la branche du Titan Japet, qui inclut toutes les étapes du développement mental jusqu’à la frontière du supramental, l’homme s’éveille à la Connaissance. Il accède au surmental symbolisé par Hermès, le dernier arrivé sur l’Olympe, pour devenir un jour l’égal de ce dieu lorsque l’être sera totalement « consacré » et parfaitement sous l’influence du divin (lorsque l’union de Zeus et Maia « la conscience consacrée réceptive » ou parfait « surrender » » sera accomplie).

Enfin, dans la branche du Titan Koios, le contact du supraconscient avec l’être psychique (la divine Léto) produit des puissances de Lumière et de Volonté réalisatrice ou d’Intégrité, représentées par les deux jumeaux divins Apollon et Artémis.
Léto est en effet le symbole de l’être psychique en formation.
Astéria, sa sœur, peut être envisagée soit comme « l’âme » ou « étincelle divine » autour de laquelle va se constituer l’être psychique, soit comme les innombrables expériences de lumière qui en font le lit.
Poursuivie par Zeus, elle se jeta dans la mer et se transforma en l’île d’Ortygia « l’île aux Cailles » sur laquelle Léto accoucha d’Artémis et d’Apollon. Sous l’effet des forces qui entraînent vers le supraconscient (Zeus), les premières expériences lumineuses ou illuminations du chercheur (Astéria) établissent le fondement de ce qui va libérer « l’Aurore » de son emprise de ténèbres. Le mot Ortygie signifie en effet « caille ». Dans le Rigvéda, elle symbolise « la libération de l’Aurore » arrachée à la gueule des ténèbres : « La caille vous a appelé, Ô Açvins, lorsque vous l’avez délivrée de la gueule du loup ». Elle est le symbole de « tout ce qui réapparaît après un voyage dans la nuit »

Apollon est donc en tout premier lieu le dieu qui accompagne la lumière naissante dans l’homme. Aussi lui donnait-on le surnom de « Lukéios », mot construit à partir d’une racine très ancienne qui signifie « la lumière qui précède l’aube ». Dans les Védas, il était nommé Agni, le Feu mystique. Hestia, nous l’avons vu, en est la gardienne.

L’être psychique a été mentionné déjà à plusieurs reprises comme étant ce corps qui se construit autour de l’étincelle divine en chacun. Selon les Védas, « il n’est pas plus gros que le pouce », ce qui signifie qu’il en est encore à un stade très embryonnaire dans l’humanité. Il ne gouverne les autres plans de l’être (physique, vital et mental) que chez un très petit nombre de personnes. Ses premières manifestations peuvent être l’attrait pour la beauté, la justice et la vérité. Lorsqu’on le contacte, il est perçu comme un feu intérieur.
Contrairement aux autres corps, il n’est pas dissous après la mort. Toutefois, chez les rares initiés qui ont réussi à unir durant leur vie être psychique et mental, ce dernier peut être conservé après la mort.
L’être psychique étant partie intégrante de l’Unité – expression de la diversité du Divin dans l’Unité – il doit entraîner la nature inférieure à sa suite. Le travail du Yoga est de le contacter (car il est ignoré de la presque totalité des hommes) puis de le faire passer au premier plan et lui soumettre progressivement tout ce que l’on est et tout ce que l’on fait. Jusqu’à abandonner tous les attachements, apprendre à ne jamais se servir de l’autre d’aucune façon, n’être plus ni dépendant ni captateur, devenir sans peur et sans désir, sans jugement, sans agressivité ni besoin de plaire.

Transmettant une lumière provenant du plan de Vérité, Apollon émet des prophéties infaillibles, dans la mesure où elles ne sont brouillées ni par le mental ni par le vital. Fils de Zeus, il transmet sa volonté, c’est-à-dire infuse dans la conscience les influences du surmental qui trouvent leur origine dans le plan de vérité supramental. Mais tant que le chercheur n’a pas réalisé le contact permanent avec son être psychique qui seul permet une juste mise en acte de ce qui est perçu en vérité, ses perceptions restent voilées, filtrées et déformées par le mental. Aussi la volonté de Zeus est-elle révélée par énigmes.
Le chercheur a donc besoin d’interpréter les signes que lui donne la vie diurne ou nocturne, messages de l’âme transmis par l’intermédiaire des autres plans, d’où la nécessité d’une Pythie et de ses prêtres. Il lui faut donc réaliser un état de réceptivité qui ne doit pas être perturbé par le mental ou le vital et disposer d’une grille d’interprétation symbolique des messages reçus.

Apollon, dieu de la lumière issue du psychique (c’est Hermès qui est le dieu de la lumière mentale), est donc aussi le dieu de l’inspiration, de la poésie, de la musique et des arts en général. Car c’est d’abord par le sens de l’harmonie, de la justice et de la beauté (vérité) que l’homme approche son être psychique. Délégué de l’harmonie supérieure, il veille bien sûr à la guérison, laquelle est le résultat d’une purification (chaque chose à sa place).

Certains auteurs anciens semblent l’avoir confondu avec Hélios, le soleil, fils du dieu du plan supramental de Vérité (le Titan Hypérion) où se tiennent toutes les âmes. Cette confusion est compréhensible car la nuance était difficile à saisir pour les non-initiés. Hélios est le plan cosmique de l’âme, le rayonnement du monde de Vérité supramental tandis qu’Apollon et Artémis ne sont que les manifestations de l’être psychique individualisé (Léto) que sollicite le supraconscient et que l’âme rassemble autour d’elle dans sa pérégrination à travers les vies.
L’être psychique est notre vrai Moi, ce que l’on est appelé à devenir, ce qui grandit autour de l’âme, l’étincelle divine dans tout ce qui vit. Lorsque qu’il prend les rênes de la personnalité, Apollon et Artémis s’émancipent de la tutelle de Zeus – ils deviennent de plus grands dieux que les enfants de Zeus et Héra, Arès et Héphaïstos – , et les perceptions-actions deviennent directes, sans passer par le mental.
Dans une phase beaucoup plus avancée du yoga, les perceptions se produisent au niveau du corps, et sont décrites par les enfants d’Hélios : Circé comme pouvoir de vision directe et d’organisation de la Vérité dans tous les détails, Aiétès comme conscience totale et pouvoir de réalisation.

Apollon est un dieu de radiance. La première rencontre du chercheur avec l’être psychique est donc le résultat d’une ouverture, se manifestant par une perception de l’ordre de la lumière, un rayonnement intense pouvant se produire sur différents plans. Lorsque cette lumière éclaire le mental, les traditions la nomment « illumination ». Dans le cœur, c’est l’expérience de l’amour universel.
Ce premier contact peut être accompagné de capacités nouvelles dans le domaine des arts, de celles qui expriment la Vérité ou l’Essence des choses dans une harmonie supérieure.

L’être psychique a deux aspects essentiels, l’un de rayonnement, l’autre de volonté réalisatrice ou intégrité. Apollon est l’aspect rayonnement, aussi l’appelle-t-on souvent Phébus, « le lumineux », du nom de sa grand-mère Phoebé. Artémis est l’aspect Volonté. Si c’est un personnage féminin, c’est parce que cette volonté n’est plus celle de l’ego, mais celle de l’être psychique : connaissance intuitive de ce qui doit être fait et action juste avec une volonté unifiée, en accord avec le symbolisme de son arc. Il ne s’agit pas d’un vouloir qui est crispation de l’ego, mais de la Volonté qui est connaissance du but, aspiration et détermination de tout l’être vers sa réalisation : en ce sens, le couple de jumeaux est le symbole de l’ « agir » (aussi appelé « non-agir » dans certaines traditions) et non du « faire ». L’Acte est l’exécution à l’aide du mental logique de ce qui est perçu par l’intuition, après purification de ces deux instruments de tout désir et de toute déformation de l’ego. A ce niveau, il y a équilibre des pôles masculin et féminin, car les deux jumeaux manient l’arc avec une égale habilité.
Apollon est aussi appelé « celui qui frappe au loin » car les buts du psychique visent l