LA DESCENDANCE DE PONTOS – HARPIES ET GORGONES

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Les enfants d’Ouranos sont les « Ouranides » qui comprennent principalement « les Titans », et ceux de Pontos, frère cadet d’Ouranos, les « Pontides ». La descendance de Pontos représente les cinq étapes d’évolution de la Vie. Elle inclut Nérée « le vieillard de la mer », Thaumas, Phorcys, Céto et Eurybié. Parmi ses petits enfants, il y a les Néréides, Iris et les Harpyes, les Grées, les Gorgones dont Méduse, Echidna ainsi que le cheval ailé Pégase.

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Harpyes - Archaeological Museum of Rhodes - Détail

Harpyes – Archaeological Museum of Rhodes – Détail

Hésiode décrit ainsi l’apparition de la Vie : « Elle (Gaia) enfanta aussi Pontos, la mer aux flots stériles, toute gonflée de vagues, et cela sans connaître le désir ni l’étreinte ». La mer « aux flots stériles » et l’absence « de désir et d’étreinte » expriment un principe qui ne peut être divisé en aucune façon et qui est généré avant tout apparition de la dualité. Le processus de séparation ne peut donc être actif dans la vie comme il l’est dans le mental car la vie est une et indivisible. Toutefois la puissance de séparation s’exprimera dans la vie par une « polarisation ».

Les enfants de Pontos retracent la maturation de la vie depuis la cellule jusqu’aux formes animales les plus évoluées, jusqu’au « moi » ou « ego » animal, juste avant que n’apparaissent les capacités propres à l’homme, telles que la parole, la station verticale et la conscience mentale réflexive. Si la science moderne a mis en lumière de très nombreuses étapes évolutives, les Anciens n’en définirent que cinq qu’ils délimitèrent en fonction d’expériences de conscience. Chacune regroupera donc plusieurs niveaux de la classification moderne sans que l’on puisse établir de limites vraiment précises.

Il aurait été plus logique de les traiter avec les phases avancées du yoga car leur symbolisme concerne des niveaux de conscience archaïques dont l’homme conserve les empreintes et que seuls les chercheurs avancés peuvent laisser venir à la conscience et affronter. Devenir conscient de ces processus primitifs suppose en effet de pouvoir supporter les forces qui furent mises en œuvre lors de leur formation. Cela est indispensable pour opérer les transformations nécessaires au chemin de purification et libération jusque dans le corps.
Mais comme nombre de personnages issus de cette lignée interviennent dans les mythes, leur étude dès les premiers chapitres s’est révélée indispensable.

Toute démarche spirituelle qui ne vise pas seulement une libération dans les hauteurs de l’Esprit – ce qui est le cas de celle relatée dans les mythes grecs – est obligée de se confronter aux mémoires primordiales de la vie. Celles-ci se sont imprimées dans l’inconscient corporel, bien avant l’apparition de la volonté et de la pensée, freinant ou bloquant le processus évolutif. Le chercheur doit retraverser les couches une par une afin de les dissoudre.
En effet, toute spiritualité qui aspire à la transformation de l’homme exige un nettoyage, une mise en ordre et un élargissement qui ne peut s’opérer qu’à rebours des étapes passées de l’évolution. Bien que le travail suive un mouvement en spirale sur plusieurs plans, on peut généralement considérer que la première purification et libération est celle du mental : il s’agit de libérer l’intelligence des perturbateurs venant des plans inférieurs et de son identification au processus séparateur. Puis vient celle du vital : le chercheur descend plus profond dans les couches de la conscience, pacifiant les mouvements vitaux et les purifiant, en chemin vers l’équanimité et la victoire sur la peur et sur le désir. Enfin, le yoga s’étend aux couches les plus archaïques de la conscience corporelle, jusqu’aux « mémoires » cellulaires, où se livrent les plus durs combats.

Non seulement les activités des cerveaux reptiliens et limbiques, mais aussi celles des systèmes orientés vers la survie, la protection et l’information qui les précédèrent, mis en place par la nature au gré des nécessités, interfèrent dans un fonctionnement humain « en Vérité ». Si le but du Yoga est de réaliser « un esprit parfait dans un corps rendu parfait », alors les anciens modes mis en place par la Nature doivent être transformés. Réaliser cette transformation dans les couches profondes supposent une alliance de l’homme et de l’Absolu : ce ne peut être fait par la Nature seule ni par l’Esprit seul. C’est pour cela qu’il a été dit que les grands Géants « ne pouvaient être vaincus totalement que par une alliance des hommes et des dieux ».

Ouranos et Pontos étant frères, les enfants de ce dernier ont même rang que les Titans. Ses petits enfants (Échidna, les Harpies, les Gorgones, etc.) ont donc rang de dieux et de déesses et seules des puissances sensiblement équivalentes, dieux ou héros nés des dieux, peuvent les combattre ou avoir commerce avec eux. On comprend mieux dès lors que l’accès à ces plans soit réservé à un stade avancé du yoga.

Nous allons approcher la genèse du vivant, non pas dans l’ordre suivi par le chercheur qui déblaie couche après couche, mais dans l’ordre inverse, à partir de celui que les Grecs nommèrent « le vieillard de la mer », Nérée, c’est-à-dire le symbole de ce qui se passe à la racine du vivant, du moins à celle qui est perceptible par un travail de conscience.
Pour les Anciens, tout comme pour la science spirituelle actuelle, c’est le niveau des cellules. Celles-ci, et non les gènes ou les molécules, sont en effet actuellement le niveau le plus élémentaire d’appréhension du vivant.
Nous écarterons de notre étude le monde végétal, non pas que les cellules différent beaucoup des cellules animales, mais parce qu’il a suivi une ligne de développement différente.
Comme on le découvre chaque jour davantage, les schémas mis en place par la nature lors de l’évolution conservent une influence majeure sur notre santé et notre mental. La psychologie moderne reconnaît qu’une grande part de nos comportements relève, non pas du fonctionnement du néocortex, apparu il y a seulement 3,6 millions d’années, mais de celui des cerveaux archaïques reptilien et paléo mammalien (cerveau limbique) apparus respectivement il y a environ quatre cent millions et soixante-cinq millions d’années. Et les études sur le « deuxième cerveau », lequel est localisé dans le système digestif et dont l’origine est encore beaucoup plus ancienne, semblent indiquer son rôle majeur pour nombre de maladies.
La théorie des trois cerveaux est contestée par de nombreux scientifiques qui préfèrent considérer les aires cérébrales comme des ensembles en interaction. Il est en effet très difficile de déterminer avec certitude l’origine de tel ou tel comportement, réflexe, etc., sauf lors d’accidents ayant lésé certaines couches du cerveau. Cependant, le fait que celui-ci soit le résultat de périodes de croissance successives n’est pas remis en question.
Pour un aventurier de la conscience, tout se passe comme s’il annulait progressivement l’intervention des couches supérieures. Ce qui explique que les Anciens aient pu donner une description aussi précise, comme nous allons le voir.
Nous conserverons donc ici ce schéma d’organisation du cerveau en trois strates, avec leurs facultés associées, telles qu’elles sont ordinairement admises.

*Nous pouvons suivre les différentes étapes symboliques identifiées par les Anciens sur la Planche 2, où figurent les cinq enfants de Pontos (Le nombre 5 est associé au monde des formes auquel appartient le plan de la vie). Sri Aurobindo les a reprises sous une forme poétique dans l’épopée en vers, Savitri, dans le livre II, au chapitre des « Royaumes de la Petite Vie », sans qu’une équivalence exacte ait pu être établie.

Nérée, « le vieillard de la mer » : le vital physique ou cellulaire.

Nérée était réputé sincère et véridique. Il ne trompait jamais, était infaillible et s’occupait de tout ce qui est juste. Comme toutes les divinités marines primitives, il avait le don de métamorphose : il se changea successivement en eau, en feu et en différents animaux pour échapper à Héraclès qui dut le maintenir de force pour connaître le chemin qui menait aux Hespérides. Il avait aussi des dons de prophétie auxquelles on pouvait se fier.
Il est parfois représenté avec une queue de poisson à la place des jambes.
Il séjournait au fond de la mer, avec ses cinquante filles, les Néréides, que lui donna l’océanide Doris. Trois d’entre elles eurent un destin particulier dans les mythes :
Amphitrite épousa Poséidon.
Psamathé s’unit à Éaque, lequel par sa seconde épouse Endeis, fut le père de Pelée et donc le grand-père paternel d’Achille.
Thétis s’unit au mortel Pelée et engendra Achille. Nérée est donc le grand-père maternel de ce dernier.
Ces deux dernières filiations montrent qu’Achille représente un chercheur qui descend dans les profondeurs du vital en vue de leurs transformations.

Les anciens et ceux qui marchèrent sur leurs traces jusqu’à nos jours, avaient découvert par une investigation de la conscience ce que les microscopes modernes mettent en lumière. Toutefois, ce qui est perceptible à la conscience est bien davantage l’ensemble des mouvements, des habitudes et des états de conscience de la matière vivante que la description qualitative qu’en donne la science actuelle. Les deux méthodes ne s’opposent pas mais se renseignent l’une l’autre. La science permet d’apporter quelque lumière sur des mythes qui, sans elle, garderaient un certain mystère. Et l’investigation par la conscience permet des compréhensions nouvelles des modes de la nature.

S’il est possible de descendre par la conscience jusqu’aux fonctionnements cellulaires archaïques, c’est bien sûr parce qu’ils sont encore opératifs de nos jours.
De la bactérie primitive à l’apparition des chaines ganglionnaires puis des ébauches d’organes des sens, avant même l’apparition d’un cerveau central, la science moderne a identifié plusieurs étapes d’évolution qui, du point de vue de la conscience, sont regroupées ici dans la phase « Nérée ». A savoir les unicellulaires, les pluricellulaires, les cellules spécialisées et la formation d’amas cellulaires qui annoncent l’ébauche du système nerveux avec des filaments nerveux et les premiers ganglions.

Le corps humain est constitué d’e