DÉMÉTER – INTERPRÉTATION

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Déméter, « la mère de l’union », est la puissance qui soutient l’effort de perfectionnement de notre nature afin de réaliser l’union esprit/matière.

Déméter et Perséphone - Musée du Louvre

Déméter et Perséphone – Musée du Louvre

Déesse de la nature domestiquée, des cultures, et surtout de la plus noble d’entre elles, le blé, elle a peu d’affinités avec la nature sauvage et ses expressions tumultueuses. Fille de Cronos, elle eut de son frère Zeus une fille nommée Coré, plus tard appelée Perséphone lorsqu’elle fut unie à Hadès, dieu du monde souterrain.

Voir la Planche Généalogique 17

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Alors que Coré folâtrait avec ses amies les nymphes, Gaia fit surgir sous ses pas, pour le compte d’Hadès, une fleur magnifique. Tandis qu’elle la cueillait, la terre s’ouvrit devant elle. Hadès surgit du gouffre et l’entraîna dans son royaume avec la tacite complicité de son frère Zeus. La jeune fille eut tout juste le temps de pousser un cri que seuls Hécate et Hélios entendirent.
Inquiète de sa disparition, sa mère accourut, mais Coré restait introuvable. Déméter erra alors de par le monde pendant neuf jours et neuf nuits à sa recherche, mais en vain. Le dixième jour, elle fut conduite par Hécate auprès du soleil, Hélios « celui qui voit tout », qui lui révéla l’identité du coupable. Désespérée, sachant qu’elle n’avait aucun pouvoir de convaincre son frère Hadès, Déméter décida de fuir l’Olympe. Aussitôt, la terre, privée de son influence, devint stérile.

Puis, se lamentant sur le sort de sa fille disparue, elle prit l’aspect d’une vieille femme et se rendit à Éleusis. Elle y fut accueillie par les quatre filles du roi Kéléos et conduite au palais, auprès de la reine Métaneira, leur mère. Celle-ci venait d’avoir un fils, Démophon, longtemps espéré après la naissance de ses filles. Pressentant des dons hors du commun chez la vieille femme, elle l’engagea comme nourrice.
La déesse, désirant rendre l’enfant immortel, le frottait durant la journée d’ambroisie et le plongeait pendant la nuit dans un feu purificateur afin de brûler tout ce qui en lui était périssable.
Tandis que l’enfant grandissait de merveilleuse façon, sa mère, curieuse, espionna la vieille femme et la surprit en train de se livrer à ses opérations magiques. Comme ces manipulations l’angoissaient, Déméter lui rendit son fils à contrecœur, proférant des paroles terribles : « Misérables humains, ignorants, insensés, qui ne savez reconnaître ce qu’il y a d’heur et de malheur dans votre destin ! » (Hymne homérique à Déméter). Et elle prédit aux fils d’Éleusis de terribles combats.
Puis, ayant repris sa forme divine, elle se fit reconnaître de ses hôtes, ordonna que soient institués en son honneur les mystères d’Éleusis, et exigea pour leur célébration, la construction d’un temple.

Rapt de Perséphone - Altes Museum

Rapt de Perséphone – Altes Museum

Près d’une année s’était écoulée depuis l’enlèvement de Coré, et la terre demeurait stérile, car, privée de l’influence de Déméter, rien ne pouvait pousser ou atteindre la maturité. Comme tout l’Olympe s’inquiétait pour la survie de la race humaine, Zeus envoya sa messagère Iris puis d’autres dieux en ambassade pour demander le retour de la déesse parmi eux. Devant son refus obstiné, Zeus ordonna à son frère Hadès de rendre Coré à sa mère. Ce dernier donna son accord, mais désirant lier à lui la jeune fille pour toujours, fit en sorte qu’elle avalât un pépin de grenade. Ce faisant, elle rompit le jeûne impératif pour quiconque voulait regagner définitivement le royaume des vivants.
Aussi Coré dut-elle accepter un compromis : elle resterait un tiers de l’année dans le monde souterrain avec son époux Hadès et passerait le reste du temps avec sa mère Déméter. Cette dernière approuva l’accord aux termes duquel elle s’engagea à reprendre sa place dans l’Olympe.

Déméter et Coré-Perséphone occupaient la place centrale dans les rituels d’initiation d’Éleusis dont les enseignements accompagnaient le chercheur tout au long de sa progression. Avec la lettre structurante Δ, le nom Déméter signifie « mère de l’union » (Δ +μητηρ).

Rappelons qu’après leur victoire sur les Titans, les trois frères – Zeus, Hadès et Poséidon – se partagèrent le monde : Zeus règnerait sur le ciel étoilé, Poséidon sur la mer et Hadès sur le monde souterrain. La surface de la terre et l’Olympe resteraient communs aux trois.
Zeus règne donc sur le supraconscient, ce qui est en pleine lumière, Poséidon sur le subconscient, essentiellement vital, et Hadès sur ce qui est souterrain, le corps, l’inconscient.

Une interprétation plus large du royaume d’Hadès pourrait l’étendre aux domaines du subconscient profond, celui des plans du vital représentés par les derniers enfants de Pontos. Toutefois, prenant en compte le fait que seuls les plus grands héros, Héraclès et Ulysse, purent y accéder, il a été ici identifié avec la conscience corporelle, associée à l’inconscient, que l’on peut faire correspondre à Nérée, « le vieillard de la mer ».

Le mythe de Perséphone et d’Hadès, lié au yoga du corps, ne concerne donc en principe qu’un stade très avancé de la quête, l’essentiel de celle-ci se développant avant l’enlèvement de Coré, nommée Perséphone après son union avec Hadès. Notons que le delta (Δ), associé au iota (I) de la conscience, est aussi la lettre structurante du nom Hadès (αΙΔης), lequel représente la puissance qui régit le travail de yoga dans l’inconscient corporel, répondant au travail de Déméter dans le conscient.

Perséphone supervisant Sisyphe - Staatliche Antikensammlungen

Perséphone supervisant Sisyphe – Staatliche Antikensammlungen 

Selon une légende qui ne fait pas l’unanimité parmi les anciens, Déméter, distraite par le chagrin que lui causait la disparition de sa fille, mangea l’épaule de Pélops qu’elle remplaça ensuite par une épaule en ivoire, lui faisant ainsi