Tome 1

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Le premier tome de cette interprétation de la mythologie grecque concerne essentiellement les clefs utilisées par les anciens pour que le sens réel des mythes ne soit accessible qu’aux seuls initiés. Parmi ces clefs, une attention particulière est apportée aux lettres-symboles ainsi qu’aux arbres généalogiques qui structurent l’ensemble des mythes.
Deux autres chapitres complètent ce premier ouvrage, l’un consacré aux dieux de l’Olympe, principales puissances spirituelles qui soutiennent la phase actuelle de l’évolution humaine, et l’autre à la genèse du monde et aux phases d’évolution pré-mentales.

Les clefs de l’interprétation

Cinq méthodes de cryptage ont été mises au jour :

La première utilise les contenus symboliques des lettres de l’alphabet qui permettent la formation de noms propres dont le sens découle en partie de l’arrangement des lettres employées. Le plus souvent, ces noms (dieux, héros, personnages, lieux…), sont constitués d’une association de lettres signifiantes et de mots du langage courant pour former un rébus symbolique. Chaque lettre exprime, en accord avec son graphisme, une idée ou un archétype fondamental. Ainsi, le thêta Θ représentant « ce qui est à l’intérieur » et le N « l’évolution selon la nature », la déesse Athéna exprime « la puissance spirituelle qui, dans l’homme, soutient la croissance de l’être intérieur » ou encore « le maître intérieur ».
Il y a tout lieu de penser que cette méthode de cryptage était déjà employée par les Égyptiens. Les Grecs, évoquant les signes égyptiens, les appelaient « Ta hiera grammata », les lettres sacrées, ou « Ta hiera glyphica », les hiéroglyphes, expression qui signifie « les (lettres) sacrées gravées ». Pourquoi « sacrées », si ce n’est qu’elles manifestaient, par leur tracé, un contenu symbolique révélateur des « choses sacrées ». Les Égyptiens eux-mêmes s’y référaient comme à « l’écriture des mots divins ».
Par une extension de la signification des lettres à celle des racines, et par une juste compréhension de la méthode de « rébus » utilisée, il est alors possible de définir précisément le sens de chaque nom propre.

La seconde méthode est liée aux sens véhiculés par les symboles élémentaires – images, nombres, etc. – sens, souvent multiples, que tentent d’approcher les « dictionnaires des symboles ». Toutefois, la prudence est de mise avec les indications données dans ces ouvrages, car les Grecs ont parfois repris des significations anciennes qui nous sont totalement étrangères. Ils ont par exemple emprunté aux Védas l’image de la vache comme symbole de la « lumière de Vérité », et non de la « Terre nourricière » ou de l’ « abondance » comme l’indiquent ces dictionnaires. Les troupeaux du soleil, Hélios, sont donc les « éclairs de Vérité » perçus par l’âme du chercheur tout autant que ses « réalisations ».
Cette catégorie comprend également les nombres comme symboles fondamentaux.

La troisième méthode est relative à une structure propre à la mythologie grecque, du moins dans l’usage étendu qui en a été fait, car elle était déjà en germe dans les mythologies d’Égypte et du Moyen Orient : les arbres généalogiques. Ils fournissent des symboles à ramifications multiples et permettent de jouer, par les filiations et les unions, avec quantité de notions telles que la progression spirituelle, la théorie et la pratique, la succession des plans de conscience, l’histoire de la spiritualité, les étapes du chemin et les conditions requises pour s’y engager.
La connaissance de deux ou trois cents personnages (sur les quelques trois mille répertoriés) permet alors de se repérer facilement dans la progression spirituelle.

La quatrième méthode concerne les histoires elles-mêmes, assemblages cohérents de symboles élémentaires et de récits contenant les enseignements ou décrivant les expériences de façon allégorique.
À supposer que les symboles simples aient été déchiffrés sans erreur, la première difficulté est de situer l’histoire dans la progression spirituelle. La réponse est donnée le plus souvent dans les mythes eux-mêmes par l’indication d’un nombre de générations ou d’années « avant » ou « après » les grands repères tels que la Guerre de Troie, la quête de la Toison d’or ou encore la pérégrination des peuples ou des héros au travers de provinces et territoires réels ou imaginaires. D’autres indices plus ponctuels, tels que des parentés éloignées ou encore l’âge des héros, permettent de préciser la chronologie. Thésée, par exemple, avait plus de cinquante ans lors du rapt d’Hélène, et celle-ci était encore nubile.

La cinquième et dernière méthode est relative à un symbole unique, à la fois simple dans son graphisme mais très complexe dans son interprétation : le Caducée d’Hermès. Il contient à lui seul une connaissance ésotérique très vaste concernant les plans de conscience et leurs interactions, la circulation des énergies, etc. Mieux connu sous sa forme dynamique où il est représenté par deux serpents enroulés autour d’un bâton, il a été transcrit sous sa forme statique, dans la tradition cabalistique hébraïque, par le symbole de l’ « Arbre des Sephiroth » dénommé aussi « Arbre de Vie ».

La structure de la mythologie se présente donc selon une arborescence organisée non pas depuis les dieux, mais à partir des couples de Titans. Parmi ceux-ci, deux couples sont à l’origine des grandes lignées dans lesquelles se déroulent la plupart des grands mythes.